Posts by Category : Citation Pratchett

De la statue équestre, de son cheval et de son cavalier…

Statue équestre, position des sabots du cheval : si un des sabots est en l’air, le cavalier a été blessé à la bataille ; deux en l’air signifient que le cavalier a été tué à la bataille ; trois, que le cavalier s’est perdu en route pour la bataille, et quatre que le sculpteur était très, très fort. Cinq en l’air signifie qu’il doit y avoir au moins un autre cheval derrière celui qu’on nous montre ; et le cavalier gisant par terre, son cheval couché sur lui, les quatre sabots en l’air, que l’homme n’y connaissait rien en équitation ou qu’il montait une bête au très mauvais caractère.

Pratchett,Terry;Disque-monde;Je m’habillerai de nuit

Les plus belles plantes…

En fait, dans son appartement, Rampa n’accordait d’attention particulière qu’à une seule chose : ses plantes vertes. Elles étaient plantureuses, chlorophyllées, splendides, avec des feuilles brillantes, saines, lustrées.
Pour obtenir un tel résultat, Rampa arpentait l’appartement une fois par semaine avec un brumisateur pour plantes en plastique vert, humidifiait les feuilles et parlait à ses plantes. Read more

Les voitures japonaises …

Newton pilotait une Wasabi. Il l’appelait Jesse James, en espérant qu’on lui en demanderait un jour la raison. Il faudrait être un historien très minutieux pour déterminer sans erreur le jour exact où les Japonais, jusque-là considérés comme des automates démoniaques qui copiaient tout ce que produisait l’Occident, devinrent d’habiles et astucieux ingénieurs capables de dépasser l’Occident de cent coudées. Mais la Wasabi avait justement été conçue en cette journée de transition, et elle combinait les défauts traditionnels de la plupart des automobiles occidentales avec une horde de catastrophes imaginatives dont l’absence a fait la gloire actuelle de firmes comme Honda et Toyota. De fait, malgré tous ses efforts, Newt n’en avait jamais vu d’autre que la sienne sur les routes. Pendant des années, et sans grande conviction, il avait chanté à ses amis les louanges du véhicule, de son économie, de son efficacité, dans l’espoir insensé que l’un d’entre eux en achèterait une : on souffre toujours mieux à plusieurs. Read more

Les gens des marais …

Les marais dans cette région du monde sont réputés pour leurs oiseaux mais aussi pour leur dangerosité, vu qu’ils se déplacent en permanence et vite.
La terre ferme est difficile à trouver. Les autochtones vivent sur de grands radeaux qui leur servent à la fois d’abris et de jardins. Les anciennes générations ont les pieds en canard, une particularité physique qu’elles s’efforcent d’encourager auprès de leur progéniture parce que c’est la marque des grands chasseurs des marais. On ne leur connaît pas d’ennemis, sans doute parce que peu de monde tient à s’aventurer dans un marais. Ces gens sont à vrai dire utiles au voyageur, et ils distillent des médicaments extrêmement bénéfiques à partir de la flore et de la faune aquatiques locales, entre autres la miellée sinueuse et la dionée fameuse, dont on peut utiliser le venin pour exécuter de délicates gravures sur métal et dont il faut s’approcher avec une prudence extrême car elle est capable de le cracher à plusieurs mètres.

dans Terry Pratchett – Annales du Disque-Monde 35 – Déraillé

Langues étrangères …

Il savait qu’il existait d’autres langues, mais, comme tout bon Londonien, il s’en méfiait plus ou moins, parfaitement conscient que quiconque n’était pas anglais se révélerait forcément un ennemi tôt ou tard. On ne traînait pas du côté des quais sans détecter, sinon les langues, du moins leurs intonations. Quand on tendait l’oreille, un Hollandais ne parlait pas comme un Allemand, et on reconnaissait toujours un Suédois, évidemment, et les Finlandais se décrochaient la mâchoire quand ils vous parlaient. Il était très exercé pour différencier une langue d’une autre, mais ne s’était jamais soucié d’en apprendre une seule – même s’il savait dès ses douze ans comment se disait « Où est-ce qu’on peut trouver les vilaines dames ? » dans toutes sortes de langues, dont le chinois et plusieurs idiomes africains. Tous les rats de quai savaient cela ; et les vilaines dames pouvaient récompenser d’un quart de penny celui qui orientait les pas d’un gentleman dans la bonne direction. En grandissant, il s’était aperçu que c’était en réalité pour certains dans la mauvaise ; il y avait deux manières de voir le monde, mais une seule quand on crevait de faim.

dans Roublard de Terry Pratchett

Les Herbes de Mémé…

On a baptisé du nom de simples les herbes communes des dispensaires et des cuisines. Les Herbes de Mémé n’étaient pas des simples. Soit elles étaient compliquées, soit elles n’étaient rien du tout. Et pas question de ces techniques précieuses de mijaurées, avec petit panier et jolie paire de ciseaux. Mémé travaillait au coutelas. Et brandissait un tabouret devant elle. Et elle portait un chapeau, des gants et un tablier de cuir comme seconde ligne de défense.
Elle-même ne savait pas d’où venaient certaines de ses herbes. On s’échangeait racines et graines dans le monde entier, voire plus loin. Certaines plantes avaient des fleurs qui se retournaient sur votre passage, d’autres projetaient leurs épines sur les oiseaux en vol, et plusieurs étaient liées à des tuteurs, non pour éviter qu’elles ne s’effondrent, mais pour garantir qu’elles seraient encore là le lendemain.

Annales du Disque-Monde – N4 – La mer et les petits poissons – Pratchett,Terry

Ce que veulent les dieux…

Si nous le bâtissons, viendras-tu ? songea-t-il. Mais le dieu espéré n’était jamais venu. C’était triste quoique, sur le plan céleste, un peu ridicule. Oui, n’est-ce pas ? Moite avait entendu dire qu’il existait peut-être des millions de petits dieux à circuler dans le monde, à vivre sous des rochers, à rouler comme des amarantes poussées par le vent, à s’accrocher aux branches les plus hautes des arbres… Ils attendaient le grand moment, le coup de chance qui pourrait se concrétiser par un temple, des prêtres et des fidèles bien à soi. Mais ils n’étaient pas venus ici, et on comprenait aisément pourquoi.
Les dieux voulaient de la croyance, pas de la pensée rationnelle.
Commencer par bâtir le temple, c’était comme donner une superbe paire de chaussures à un cul-de-jatte. Bâtir un temple ne signifiait pas qu’on croyait aux dieux, seulement qu’on croyait à l’architecture.

dans Annales du Disque-Monde – 32 – Monnayé – Pratchett,Terry

Voyage dans le temps…

— Mais on voyage pas dans le temps sans tout chambouler, dit Pasd’man.
— Justement, fit Bigmac. C’est ça qu’est intéressant. Moi, ça me gênerait pas d’entrer dans la police si c’était une police temporelle. Tu retournes en arrière, tu demandes « Hé, c’est toi, Adolf Hitler ? » et s’il te répond « Achtung, c’est moi, ja »… Baouuum ! avec le fusil à pompe. Fin du problème.
— Oui, mais suppose que tu descendes par accident ton grand-père, objecta Pas-d’man d’un ton patient.
— Pas de danger. Il ressemble pas du tout à Adolf Hitler.

dans Johnny Maxwell 3;Johnny et la bombe – Pratchett,Terry

Le chocolat…

Qualifier Wienrich et Boettcher de « chocolatiers » revenait à traiter Léonard de Quirm de « bon peintre qui bricolait aussi à côté » ou la Mort de « quelqu’un qu’on n’aimerait pas croiser tous les jours ». C’était juste, mais ça ne disait pas tout. Read more

Le Livre d’Om, prophéties de Tobrun, première édition, chapitre deux, verset huit

“Et je vis comme qui dirait des lapins de toutes les couleurs, mais surtout à motifs de tartan, qui tournaient comme qui dirait en rond, et j’entendis comme qui dirait un bruit de grosses choses sirupeuses.”
— Ce verset a été retranché dans l’édition suivante. Très sujet à toutes sortes de visions, le vieux Tobrun.

dans Pratchett,Terry[Disque-monde-27]Procrastination(2001)

Je suis venu, j’ai vu…

Ça remontait aux temps anciens où l’on attaquait les autres villes par principe, puis on revenait les passer à tabac si elles donnaient l’impression de redresser la tête. Et en ce temps-là, on se fichait bien d’agir au vu et au su du reste du monde. On voulait que le monde regarde et soit au courant. « Veni, vidi, vici. » Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. Read more

Bouquin de prières…

Il fouilla dans une poche et en sortit un tout petit livre qu’il brandit pour qu’on le voie bien.
« Ça, c’était à mon arrière-grand-père, dit-il. Il a participé au casse-pipe contre Pseudopolis et mon arrière-grand-mère lui a donné ce bouquin de prières pour les soldats, parce qu’on a besoin de toutes les prières possibles Read more

Sous la Grande Bleue…

— Sauf que tu sais pas ce que ça veut dire, cingler sur la grande bleue, hein ?
— Non, sergent.
— Ça veut dire aller en mer. Y a pas moyen d’y faire confiance, à la mer. Quand j’étais mioche, j’avais un bouquin sur un p’tit gamin, il s’est changé en sirène, un machin comme ça, et il a vécu au fond d’la mer… Read more

Inventeur plus que mauvais…

Feu (enfin, tout au plus une flammèche) Bergholt Stuttelet Jeanson passait pour le pire inventeur au monde, mais dans un registre très particulier. Les inventeurs communément mauvais font des découvertes qui ne fonctionnent pas. Il ne comptait pas au nombre de ce menu fretin. N’importe quel imbécile est capable de créer une machine qui ne donne rien quand on appuie sur le bouton. Il méprisait de tels amateurs maladroits. Read more