Posts for : janvier 2015

Les Herbes de Mémé…

On a baptisé du nom de simples les herbes communes des dispensaires et des cuisines. Les Herbes de Mémé n’étaient pas des simples. Soit elles étaient compliquées, soit elles n’étaient rien du tout. Et pas question de ces techniques précieuses de mijaurées, avec petit panier et jolie paire de ciseaux. Mémé travaillait au coutelas. Et brandissait un tabouret devant elle. Et elle portait un chapeau, des gants et un tablier de cuir comme seconde ligne de défense.
Elle-même ne savait pas d’où venaient certaines de ses herbes. On s’échangeait racines et graines dans le monde entier, voire plus loin. Certaines plantes avaient des fleurs qui se retournaient sur votre passage, d’autres projetaient leurs épines sur les oiseaux en vol, et plusieurs étaient liées à des tuteurs, non pour éviter qu’elles ne s’effondrent, mais pour garantir qu’elles seraient encore là le lendemain.

Annales du Disque-Monde – N4 – La mer et les petits poissons – Pratchett,Terry

Ce que veulent les dieux…

Si nous le bâtissons, viendras-tu ? songea-t-il. Mais le dieu espéré n’était jamais venu. C’était triste quoique, sur le plan céleste, un peu ridicule. Oui, n’est-ce pas ? Moite avait entendu dire qu’il existait peut-être des millions de petits dieux à circuler dans le monde, à vivre sous des rochers, à rouler comme des amarantes poussées par le vent, à s’accrocher aux branches les plus hautes des arbres… Ils attendaient le grand moment, le coup de chance qui pourrait se concrétiser par un temple, des prêtres et des fidèles bien à soi. Mais ils n’étaient pas venus ici, et on comprenait aisément pourquoi.
Les dieux voulaient de la croyance, pas de la pensée rationnelle.
Commencer par bâtir le temple, c’était comme donner une superbe paire de chaussures à un cul-de-jatte. Bâtir un temple ne signifiait pas qu’on croyait aux dieux, seulement qu’on croyait à l’architecture.

dans Annales du Disque-Monde – 32 – Monnayé – Pratchett,Terry

Voyage dans le temps…

— Mais on voyage pas dans le temps sans tout chambouler, dit Pasd’man.
— Justement, fit Bigmac. C’est ça qu’est intéressant. Moi, ça me gênerait pas d’entrer dans la police si c’était une police temporelle. Tu retournes en arrière, tu demandes « Hé, c’est toi, Adolf Hitler ? » et s’il te répond « Achtung, c’est moi, ja »… Baouuum ! avec le fusil à pompe. Fin du problème.
— Oui, mais suppose que tu descendes par accident ton grand-père, objecta Pas-d’man d’un ton patient.
— Pas de danger. Il ressemble pas du tout à Adolf Hitler.

dans Johnny Maxwell 3;Johnny et la bombe – Pratchett,Terry